06/05/2009

Entre temps, retour sur la Select de Nico..


Nous célébrons cette année la 9ème édition de la Pornichet Sélect 6.50. Cette régate ouvre la saison des courses qualificatives du circuit mini en Atlantique pour de nombreux concurrents. C'est donc l'occasion pour les nouveaux venus de se mesurer aux "pointures" du circuit.

Le départ est traditionnellement donné en baie de Pornichet: s'ensuivent les premiers milles parmi les plus tactiques en direction de Belle-Ile, puis une longue descente vers Port-Bourgenay. La fatigue commence à se faire ressentir lors de la non-moins longue remontée vers l'île de Groix. Il faut alors rester lucide afin d'aborder dans les meilleures conditions le sprint final dans l'entrée de la baie de Pornichet.

Cette course dure et splendide donne pour beaucoup le ton de la saison. En effet, lors des éditions précédentes, ceux qui ont inscrit leurs noms au podium de la Pornichet Sélect 6.50 se sont généralement révélés être de sérieux concurrents...

Parcours :

Départ en baie de Pornichet, bouée de dégagement (suivant pavillonnerie), passe des Guérandaises, bouée Goué Vas du Four à laisser à tribord, les Cardinaux à laisser à babord, Belle Ile à contourner et à laisser à bâbord, Yeu à laisser à bâbord, bouée d’Eaux Saines de Bourgenay à contourner et à laisser à tribord, Yeu à laisser à tribord, Belle Ile à laisser au choix à bâbord ou à tribord, Groix à contourner et à laisser à tribord, Goué Vas Four à laisser à bâbord, arrivée entre Les Guérandaises et Penchateau (à l’entrée de la baie).

Ma course :

Je reviens d’une superbe course, de 300 milles en 48h entre Groix et Port Bourgenay.
C’était la 1ere en solitaire sur le prototype Défi GDE, et les 3 jours de préparation avant le départ on été très bien gérés. Le bateau était prêt, il me restait à rentrer ma route et les waypoints de la course dans le GPS, faire l’avitaillement, ranger le matériel en bidons et autres sacs étanches prêts pour le matossage efficace, et puis le contrôle Sécurité.

Le contrôle sécu c’est passé très vite et sans accroche, la préparation du mois de mars a été très utile dans ce sens. J’ai pris le temps de faire les derniers préparatifs la veille du départ et de me pencher sur la météo et la stratégie en compagnie de Fabien Despres dans la soirée.
Je ressentais un peu de tension mais la nuit fut bonne.
Mercredi matin, départ a 13h sous un ciel mitigé entre soleil et grains par 8/10 nœuds d’ouest dans la baie de Pornichet.

Je prends un assez bon départ tribord en 2e rideau au bateau comité complètement dégagé au vent, ce qui me permet de virer pour éviter les devents du 198 placé plus haut. S’enchaînent un bord de dégagement et un aller retour devant la pointe de Penchateau ou je me trouve assez rapidement avec le paquet de tête.

1ere partie vers le plateau des Birvideaux, au près dans 15n de vent sur un seul bord, je choisi de rester entre Belle Ile et les îles d’Houat et Hoëdic, sur la route direct mais avec un peu de courant dans le nez, et enroule les Birvideaux à 22H30 en 7e position. De là on s’en va vers le sud au portant jusque devant Port Bourgenay. Cette longue descente a été géniale, tout le temps au contact avec les 9 premiers protos, d’abord sous Genaker puis sous grand spi dans la matinée de dimanche. Le pilote barre très bien, on glisse entre 9 et 12 nœuds dans 10/15 nœuds de Sud Ouest et une petite houle d’ouest. Cette première nuit c’est vraiment bien passé, j’ai trouvé le bon rythme et rapidement ; a bord de Défi GDE, tout va bien, j’ai dormi 3 fois 25 mn, dépassé et marqué mes concurrents directs, ça file et bien ! Enroulé de la marque devant Bourgenay à 10h44 le dimanche matin en 3e position ! Le 617 est juste derrière et les 10 premiers sont toujours « à vue » les uns des autres.

2e partie, de longs bords de près pour remonter jusqu’à Groix. La mer grossi et se croise, le vent monte et les rafales s’y ajoutent. Cette remontée nous amène à Groix au petit matin de la journée de Lundi. La 2e nuit a été beaucoup plus rude avec le froid saisissant et l’humidité dans un vent soutenu de 20/25noeuds d’ouest et un mer hachée que nos bateau n’apprécient pas beaucoup, ça tape… Durant cette nuit, les pièges ont été nombreux, casiers, pécheurs, cargos devant la Loire, navette régulière pour Belle Ile et Groix, visibilité mauvaise, fatigue…
Autant de facteurs pour atténuer les performances. J’ai dormis 2 fois 20mn durant la remontée entre Yeu et Belle Ile, mais la régate au contact menée avec le 432, le 621 et le 346 oblige à une veille attentive. J’ai passé plus de temps à la barre lors de cette 2e partie de nuit ce qui m’a permis de continuer à marquer mes adversaires directs.
On arrive sur Groix vers 6h du matin, et on a 25/30 noeuds d’ouest avec 2m50 d’une houle courte. Les falaises de l’ile sont assez impressionnantes et pas loin sous le vent, la route s’écarte du vent et les surfs en prévisions du retour vers Pornichet s’annoncent sportifs…
Il faut remonter de la dérive afin d’abattre et de laisser planer le canot, je n’ai pas pu la remonté et ne voulant pas tenter 2 manœuvres « juste » pour une dérive, j’ai lever le pieds, vu passé 4 de mes plus proches concurrents et savais qu’au vu du bord de reaching à venir, l’écart imposé serait alors irréversible. J’ai donc perdu 2h sur le 1er à ce moment mais ma décision était prise et je ne revenais pas dessus.

Enroulé Groix, le bord qui nous ramena a la ligne d’arrivée c’est avéré furieux ! 30/35 nœuds, houle courte et croisée ¾ arrière sur le mini. 2ris dans la grand voile, aucun dans le solent, quille basculée à fond, matossé arrière au vent à fond, dérives relevées combinaison sèche, capuche et col vissé qui ne laissent paraître que les yeux, et c’est parti pour 7h de planning entre 12 et 18 nœuds de vitesse, ça accélère en permanence, ça arrose aussi en permanence,
J’ai géré ma fin de course comme je le sentais, plus aucun concurrent autour de moi, j’ai tout de même repris 1h sur mes 2h de retard à Groix. Défi GDE m’a montré que je pouvais avoir confiance en sa structure en exécutant mes directives à la barre à merveille. Au fil du bord, l’heure estimée d’arrivée ne faisait qu’avancer et les milles s’engranger. Il y a eu 2 beaux « arrêt buffet » planté de l’étrave dans une vague… des surfs à 18 nœuds sur 1,2 à 3Mn en continue, la douche, la douche et encore la douche.
C’est dans ces conditions au reaching (60°/ 70° du vent réel) en vent fort que ces machines sont affolantes et engagées, ce fut un bord extrême et c’est ce genre de moment qui nous rapprochent, nous skipper qui l’avons vécu et c’est une sensation difficile a exprimer.

Je passe la ligne à 14h30 le lundi, 1heure derrière le groupe des 7 bateaux de tête, et devant le 9e d’une heure. Fatigué après ces 9h de barre d’affilée et le mode machine à laver enclenché.
Les mains sont éponges, le skipper aussi… mais le sourire vissé pour les jours à venir !
8é au final, après une superbe course difficile, qui a vu abandonner 24 participants.

Le bilan est super positif dans quasi tout les domaines, le potentiel bien présent, l’apprentissage énorme dans ces conditions de course, les favoris sous mon nez….
Techniquement, il y a toujours des points à fiabiliser, mais après 48h de conditions difficiles pour le matériel, on ne déplore aucune casse grave ou empêchant de continuer, ni de problèmes électriques ou de pilotes. Je me suis bien rendu compte que c’est la base d’un bonne course, sans souci techniques tu peux vraiment te consacrer à régater, et non à bricoler en mer…
D’où l’importance des phases de chantier et de préparation.

Sur le plan humain, j’ai été agréablement surpris de trouver le rythme et le bon assez vite, pour le sommeil, la nourriture, la nav, les manœuvres… ça se passe très bien pour une 1ere.
Pas toujours évident de se décentrer du bateau pour analyser l’environnement mais j’y suis parvenu un minimum. La préparation de la nav et le choix des waypoints apparaissent comme primordial dans l’efficacité de la route et des choix tactiques à réguler en permanence.
Il faut que j’arrive à me dégager encore plus de temps avant le départ pour préparer la météo, celle-ci a été vue trop légèrement pour la Select, le classement sur une course en mini en dépend souvent directement.

Arrivée a bon port à La Rochelle après un convoyage en double calme, je récupère des mes émotions et courbatures, prépare Défi GDE pour le Mini Pavois qui démarre le 6 mai.

Tous les Minis sont actuellement au ponton 14 du port des Minimes, les contrôles sécu ont démarrés aujourd’hui, j’ai passé le miens dans l’après midi. Demain briefing météo avec le Pôle France, Mr Jean Yves Bernot, grand manitou de la météo et du routage en course au large viens nous appuyer dans la préparation. Mardi petite sortie en mer afin de faire une dernière vérification au niveau des voiles et du bon fonctionnement des l’ensemble des manœuvres.
Mercredi départ à 14h dans la baie de La Rochelle, le vent annoncé à ce jour est très faible, avec un régime général de secteurs Nord et Est, ce qui annonce un départ au portant dans la molle pour les 1eres heures de courses.
A suivre…

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