03/10/2009

Premier pointage de cette deuxième étape


Sous un ciel bas, les 83 ministes se sont donc élancés sur cette deuxième étape. A ce premier pointage, deux groupes se sont dessinés: à l'Ouest et à l'Est. L'ouest semble plus payant après quelques heures de course, la route est longue, les coureurs VS17 sont tout de suite dans le match, puisque Xav meme la flotte en série suivi de Mathieu, Bertrand suit Cultisol de près..

C'est parti !


A la minute près, soit à 14h02 (ndr, 15h02 heures françaises) très exactement, les 83 concurrents encore en course de La Charente-Maritime / Bahia Transat 6,50 se sont élancés ce samedi 3 octobre, devant la ville de Funchal (Madère-Portugal), pour la deuxième longue étape de 3100 milles en direction de Salvador de Bahia (Brésil), terme de cette édition 2009. Archipel des Canaries, archipel du Cap-Vert, Pot au Noir, alizés dans l’hémisphère Sud… Le menu est des plus copieux pour cette transatlantique en solitaire et sans assistance à bord de voiliers de 6,50 mètres !
Un départ à l’heure dite avec comme configuration de voile, grand-voile et solent. Le but du jeu : éviter les collisions et sortir le plus vite possible de ce champ de mines de 83 coques afin d’aborder « sereinement » les quelques 5740 km à parcourir… Aussi, ce sont François Cuinet sur Plan Jardin suivi de Thomas Ruyant (Faber France) et Nicolas Boidevezi (Défi GDE) en prototypes qui ont passé les premiers la bouée du Club Naval de Funchal et Hervé Aubry sur Ville de Pornichet suivi de Francisco Lobato (ROFF TMN) et Ricardo Appoloni (Mavie pour Mapei) en bateau de série qui ont imposé leur rythme. Belles démonstrations ! Mais la partie est loin d’être entamée car elle ne sera pas de tout repos… Météo Consult, partenaire de La Charente-Maritime/Bahia Transat 6,50, annoncent des conditions difficiles et casse-tête pour ces premières 48 heures ! « Une dépression orageuse stagne près des Açores à 1000 hPa avant de se creuser légèrement en se décalant vers l'est. Elle étend son influence sur Madère dans un flux de sud-ouest instable. Plus à l'est, une dorsale est établie à 1020 hPa. Elle fait place en direction des côtes Africaines à un faible flux de nord-ouest. Dimanche, tous ces systèmes se décalent vers l'est. Le flux de sud-ouest modéré est toujours présent. Lundi, la dorsale s'installe sur les Canaries. Les vents de sud-ouest instables se maintiennent à l'ouest de ces îles ».
Une première nuit passionnante !
En effet, le but du jeu est de rejoindre la hauteur des Canaries et d’attaquer la dorsale anticyclonique qui sépare le flux de sud/sud-ouest généré par une dépression placée sur les Açores et le fameux tapis roulant que sont les alizés de nord-est. Plus facile à dire qu’à faire… Et le premier à toucher la bascule des vents au nord-est – donc portant - prendra un coup de pied aux fesses qui lui permettra de creuser un trou sur ses poursuivants et d’aborder les autres problématiques météo (ndr, traversée de l’archipel du Cap-Vert, Pot au Noir…) avec une longueur d’avance… Pas anodin même si la course est loin d’être gagnée… Et tous le savent. Aussi, cette première nuit va être intéressante. Petit bord dans l’ouest à tirer avec un bord de prés « de sanglier » face au vent ? Ou bord fuyant plein est vers les côtes africaines en tentant d’aller jouer, ensuite, sous le vent des Canaries ? Chacun va y aller de sa tactique, la question la plus importante est d’identifier l’endroit le plus adéquate pour traverser la zone de transition et de vents faibles et le bon timing pour s’y présenter… Et si personne ne s’avançait ce matin sur les pontons, tactique de course oblige, les premiers pointages seront déterminants et répondront aux premières interrogations…

Source GPO et Photo Pierrick Garenne

Le routage de Nico


Comme à chaque grande course, Nicolas Bunoust, coureur sur le circuit Mini et membre de Voiles Solitaires 17, nous fait part de son analyse météo, ainsi que de son routage perso, extrait:

"La petite bulle anticyclonique annoncée hier par le modele europeen sur les canaries le 6 apparait sur le modele americain.
Ce qui fait qu'il serait préferable de faire un contre bord babord au début : le bord est legerement rapprochant, voir egal au tribord. 2 avantages derrieres, 1 vous contournez la bulle anticyclonique (plus de vent dans l'ouest et il est plus ouest) 2. vous evitez les canaries et ses devents.

Il faut virer des que le bord n'est plus rapprochant, des que le vent passe le 210-215 cap vrai) (dans la nuit du 4)
Le 3 : vent 200, 15 knt
Le 4 : 15-20 knt tournant jusqu'au 250, faire en gros du 180.
Le 5 : Le vent autour du 240-250 mollisant 1Oà puis 7knt, faire du 185. Passage juste à l'ouest des canaries
Le 6 : dure journée, le vent oscille entre le 200 et le 340, faible. Faire du CMG pour un cap au 175-180. Tenez bon faut aller chercher le vent qui est plus au sud.
Le 7 : le NE commence a rentrer . Continuez a faire du 170-180 jusqu'a ce que le vent soit etablit au moins à 13-15knt. wpt 24°3O-18°30
Le 8 : ne vous relachez pas, la nuit le NE peut se mettre a soufflait de manière irreguliere en force et direction (wpt : 21°n-20°w
Le 9-10 : approche du cap vert par 17°n 25w le vent est autour du 20 tournant au 30, 15 knt
Privilegier une entrée du pot au noir vers le 8n27w (le vent est legerement plus fort sur l'ouest du cap vert qu'à l'ouest et s'oriente ensuite vers le 40.
Sortie vers le 5°n 27w
Ensuite rester au pres tant qu'on est pas sure et certain d'etre sortie du pot au noir.
Commencer à débrider lorsque vous etes à 5-10° sous la route de Fernando, pour arrondir (200milles de Fernado). Le vent adonnera serieusement en arrivant sur Fernando).
Approche des cotes bresiliennes, eviter de rentrer dans la zone des 30 milles (presence de courant, le thermique gene l'alize et il y a beaucoup de pecheurs non eclairé)"

Sans fioritures, mais avec beaucoup d'efficacité, Nico a permis, entre autre, de conseiller Bertrand et sa très belle première place sur la première étape.

Dans moins d'une heure..


Ils sont 83 à prendre le large ce matin... Comment cela va-t-il se passer ? Dès 10 heures ce matin, les bateaux doivent être en configuration course, soit impossible et interdit de monter ou de descendre quoi que ce soit dans les bateaux. A partir de 11h30, la valse des semi-rigides et autres pneumatiques va commencer pour aider les bateaux à quitter la marina de Funchal. A 13 heures, les vedettes presse vont quitter le port et à 13h54 sera lancé la procédure de départ... Le départ devrait être donné à 14h02 locales soit 15h02 heures françaises.
Pour ce qui est du parcours, il pourra y avoir une bouée de dégagement, tout dépendra du vent sur zone au moment du départ. Si vent dans le sud, il y aura. Si vent dans le sud-ouest, il n'y aura pas et seule la bouée mouillée devant le Club Naval de Funchal sera à virer.
Quoi qu'il en soit... Cela va s'activer sur les pontons ce matin... Derniers au revoir, derniers regards vers les familles, derniers interviews et surtout derniers fichiers météo qui vont permettre d'affiner la stratégie à adopter... Car si l'aventure commence, une belle course Atlantique va également se jouer... Passionnant tant sportivement qu'humainement... Ce re départ de Funchal est sans aucun doute l'un des plus beaux moments de cette Charente-Maritime/Bahia Transat 6,50.

Source GPO

02/10/2009

Le grand saut


Bon ben voilà, on y est, enfin ils y sont! Si le départ de La Rochelle avec sa semaine dans le bassin avec le public, son village, sa sono, puis le départ, hélicos, zods par dizaine, bateaux passagers etc.. avaient mis plus de pression sur les ministes, autant demain à 14h02 locale (à Madère), les mines vont se crisper pour certains. La Transat commence là, demain, à Madère, c'est à ces moments, demain matin, dans l'intimité d'un port portugais au milieu de l'Atlantique que chacun va réaliser que, "on y est", c'est maintenant; devant les étraves, plus de 3200milles, d'eau plus bleue que jamais. Certains angoissent un peu, d'autres connaissent, et encore d'autres piaffent de partir, mais la route est longue, très longue, et les histoires et anecdotes vont se raconter par dizaine... en face comme on dit dans le jargon. Naviguer propre, se faire plaisir, faire moins d'erreur que les petits copains, 3 semaines de nav attendent nos 83 ministes.
Demain matin, sur les pontons de Funchal, les regards vont être lointains, déjà partis surement.
Photo GPO

Photo de Famille à Madère


A voir leurs mines réjouies, ils n'ont pas l'air malheureux les ministes de VS17 à Madère !
De droite à gauche: Manu389, Simon368, Marc733, Sandrine236, Mathieu219, Mathis504, Xavier472, Bertrand754, et Fabien483, et un inconnu du bar !! Manques Fabien de Soitec617, Nico sur GDE719, et Henry sur Kalonig539, surement déjà en train de commander!

29/09/2009

La première étape de Henry sur Kalonig


Jeudi 24 septembre, toutes la flotte est désormais réunie à Funchal. L’ambiance sur les pontons est plutôt décontractée mais cependant studieuse. Chacun sait que seul un quart de la course a été parcouru et que les bateaux doivent être révisés de fond en comble pour la seconde étape qui sera trois fois plus longue. Pour ma part, je me suis attelé à bien vérifier mon mat et mes safrans qui semblent avoir été les point noirs des Pogo2 lors de cette première étape.

Dix jours plus tôt, nous partions de la Rochelle par un vent d’est de 20-25 nœuds plutôt prometteur car j’affectionne particulièrement les bords de portant dans la brise. Je pars donc très confiant. Sur la ligne de départ le stress est palpable, le plan d’eau est noir de bateaux venus assister au départ de cette course légendaire. La prudence de mes concurrents me permet de réaliser un très bon départ côté comité et de passer la bouée de dégagement dans les premiers malgré un petit raté m’ayant obligé à empanner sous cette bouée pour me recaler. Nous passons Chassiron à 12 Nds sous spi de tête. La nuit tombant et le vent forcissant je repasse sous spi de capelage en confiant mon bateau au pilote. J’ai rapidement le sentiment d’être bien placé ce qui est confirme lundi 13h à la BLU, je suis 5éme avec les félicitations du comité de course !
Les longs bords de portant très rapides s’enchainent jusqu’au Cap Finistère. Les moyennes atteignent 10 Nds par jours et les surfs 18-20 Nœuds. Le speedo n’étant plus de l’eau, seul le GPS indique les vitesses ! Mon classement oscille entre 3 et 5ème et je me réjouis d’avoir trouvé le bon rythme permettant d’aller vite jour et nuit sans forcer ni rien casser. La flotte n’est quant à elle par épargnée car deux bateaux ont déjà abandonné et une quinzaine de bateaux sont ralentis par des pannes de pilotes, des safrans, des bouts dehors cassés ou des spis déchirés. J’apprendrai plus tard que peu de bateaux ont porté le spi 24h sur 24 comme moi.
Dans la nuit de mardi à mercredi, 40 nœuds sont annoncés devant le cap Finistère avec une mer très forte. Je suis donc obligé de lever le pied pour passer la nuit sous deux ris puis trois ris dans la GV suite à plusieurs enfournements dans cette mer énorme qui ne cesse de déferler. Dès que le vent molli mercredi matin, je repasse sous spi de brise. Dans cette mer encore formée, les surfs sont terrifiants. Je suis obligé de laisser la barre au pilote car je n’arrive plus à barrer sereinement lorsque le bateau tombe dans les trous entre chaque vague. La nuit s’enchaine à ce rythme effréné.
Jeudi, au large de Gibraltar, l’anticyclone commence à se faire sentir. Je commence donc à faire un peu plus d’est que la route directe afin de m’écarter de la bulle sans vent et de conserver un peu de pression. J’apprendrai plus tard que mon option dans l’est était plus que modérée par rapport au reste de la flotte. Avec deux prototypes (412 et 348) et mon collègue Mathis sur le 504, nous formons désormais un petit groupe à portée de VHF. Nous restons groupés pendant trois jours dans cette pétole très molle et comparons nos sauts de puce pour faire passer le temps. Le vent oscille entre 0 et 5 nœuds. Fini les longs surfs à 15 nœuds … Je n’affectionne que très peu la pétole mais mon classement de cinquième m’incite évidemment à conserver ma motivation intacte. D’autant plus qu’un passage à niveau a bloqué les flottes à partir du 8ème me mettant à l’abri d’une remontée massive par l’arrière. En bref, avec un peu de concentration, quelques astuces de pilote automatique pour faire avancer le bateau par 1Nds de vents et surtout très peu de sommeil, je n’ai pas perdu une longueur sur les deux prototypes que je colle depuis 3 jours. Je commence même à les agacer …
Samedi soir, le manque de sommeil se fait sentir et je m’endors 5 heures d’affilées. Au réveil, je découvre que le vent s’est levé et que mon bateau à dérivé toute la nuit (dans la bonne direction, ce qui n’est pas trop mal !). Le soleil et le retour du vent me remonte le moral pour ce dernier jour de course. L’approche de Madère semble interminable tant l’Archipel et les iles sont énormes. Je finis finalement 6ème ,40 minutes derrière mon concurrent Italien 626 qui a effectué une très belle route à l’est pour contourner l’anticyclone et une heure devant mon collègue Mathis. Comble de malédiction, ce soir les bières sont offertes au cinq premiers uniquement !

A peine la ligne d’arrivée franchis, je pense déjà à la deuxième étape. Fier de mon résultat, heureux d’avoir trouvé le bon rythme pour avancer sans casser, il me reste cependant à mieux gérer mon sommeil. Le bateau n’a présenté aucune faiblesse. Le pilote fonctionne parfaitement et a été le point fort de ma course. La longue préparation du bateau a donc payé et je suis fier du temps passé sur mon fidèle Kalonig lors du long chantier d’hiver.

Les rochelais dans Sud Ouest


L'escale des skippers rochelais (ou apparentés) à Funchal (Portugal) touchera à sa fin samedi. Les solitaires reprendront la mer pour la seconde et plus longue étape de cette Transat 6.50, de 3 300 milles. Mais les dix marins à avoir préparé leur transat à La Rochelle se sont reposés et ont vérifié leurs bateaux. Ils sont prêts. La sérénité est totale.

1 Prototypes : trois outsiders Trois Rochelais se classent parmi les sept premiers prototypes. Parmi eux, l'architecte et constructeur Paul-Henry Shipman (« Maison de l'avenir Urbatys ») a démontré qu'il fallait compter avec lui pour la plus haute marche du podium. Arrivé deux heures après le vainqueur, il peut y croire.

Pour Fabien Despres (« SOITEC »), auteur d'une première étape légèrement moins rapide que ce qu'il espérait, la course à la victoire reste envisageable. D'autant que le skipper possède une expérience sur cette épreuve que beaucoup lui envient. Et les étapes les plus longues sont de loin ses préférées. Ainsi est-il tout à fait capable de s'imposer sur la distance.

Nicolas Boidevezi (« GDE »), fraîchement arrivé sur le circuit mini, a quant à lui étonné son monde cette année, par sa régulière progression. Une bonne vitesse, une bonne gestion, et du matériel, et du marin, sont à mettre à son crédit. Il devrait passer à l'attaque sur l'étape Funchal - Bahia, trois fois plus longue que la précédente.

Dans le clan des Rochelais en lice sur prototype, Franck Colin (« Loukkoummama ») fait pour sa part figure de malchanceux. Victime d'une avarie de bout-dehors et contraint à une escale à La Corogne, il se trouve un peu loin au classement pour prétendre à une place d'honneur. Reste qu'il peut toujours réaliser une deuxième étape à fond, juste pour le plaisir de faire une belle trace sur l'océan Atlantique avec son superbe « proto », construit de ses propres mains (et de sa poche).

2 Séries : pas de quoi rougir Du côté des bateaux de série, si l'étape La Rochelle-Funchal a été dominée de la tête et des épaules par le Portugais Francisco Lobato, les Rochelais s'en sortent plus qu'honorablement. Xavier Macaire, longtemps dans le sillage immédiat de Lobato, termine troisième, à 22 heures du leader. Pour autant, aucun espoir n'est perdu pour lui.

Dans l'équipe des ingénieurs, Henry Meyniel, sixième, et Mathis Prochasson, septième, ont réalisé une superbe étape pour de purs amateurs. Un petit peu plus loin au classement, Mattieu Galland (18e) et Emmanuel Laurent ont su mener leurs bateaux plus anciens de fort belle manière.

De son côté, Fabien Sellier, qui faisait figure de favori sur la ligne de départ, a subi une avarie majeure de safran qui l'a contraint à revenir sur La Rochelle, avant de repartir plus de deux jours après ses camarades. Arrivé à Madère, il n'avait plus qu'une idée en tête : « claquer » la deuxième étape.

Si les Rochelais se retrouvent plutôt dans le haut du classement, ils le doivent en grande partie à la synergie qui a animé leur groupe cette année. Collaboration technique durant les mois d'hiver passés au chantier Quai 17, entraînements en commun, échanges de bons tuyaux, préparation et analyses des régates... Et, au final, le bonheur d'être en mer.

25/09/2009

La vie paisible au port de Funchal

A voir, la galerie photo mis en ligne par Manu, du Super Calin 389 "Domaine des Thommeaux": bricolage, matellotage, visite de l'ile et tout simplement où l'on profite de ses moments privilégiés d'escale.
A voir donc la rubrique "les Saisons Mini en photo" dans le menu à gauche de la page

Les belles histoires de Marc et Shebang

Preparation du depart a La Rochelle

Pas trop de gros travaux. Carenage, reparation du gelcoat cote tribord,antifouling et peinture fluo sur les appendices. Pose des cale-pieds. Confection d´un spi de brise par All Purpose (le precedent datait de 2003), un 2eme etage de toiles a matosser a l´interieur. Approvisionnement complet pour la pile a combustible, avitaillement en nourriture, plats liophylises, eau, vivres fraiches, tout est ok maintenant.

Adoption

La veille de l´entree dans le bassin des chalutiers, Flo et moi nous apprenons qu´on nous propose un enfant a adopter (nous attendions depuis 3 ans). Il s´appelle Pierre, 5 ans, depuis 2 ans en orphelinat a Bogotta en Colombie. Gros boulversement. 2 nuits a gamberger pour savoir si je dois encore prendre le depart ou renoncer. Sur le calendrier, nous irions en Colombie avec Flo et Adelie ma fille a la toussaint, ce qui correspond a l´arrivee prevue a Bahia. Finalement je decide d´aller au bout. Tout le monde me soutient, y compris l´agence de l´adoption. Je peux partir serein. Arriver au bout devient d´autant plus important: Je traverse l´atlantique pour aller chercher mon fils...
Depart de La Rochelle

Nous partons finalement a 85. Fabien Meyer, le dernier qualifie encore sur liste d´attente est integre au reste de la flotte. Le depart a lieu par grand soleil, mais pas mal de vent. 1 puis 2 ris et solent arrise pour une bonne securite au depart. Il y a de la casse entre plusieurs concurrents, mais globalement l´ensemble de la flotte se dirige vers le pertuis d´Antioche au portant sous spi a bonne vitesse.

Guerre des tranchees dans le golfe de Gascogne

La premiere nuit et 2eme journee seront assez physiques avec une mer cassante, des accelerations, des vracs, de la difficulte a rentrer dans le rythme de la course et l´obsession de ne pas peter de materiel prematurement. Pas mal de concurrents allument, prennent des risques et a la VHF, c´est la litanie de tous les problemes rencontres par les plus audacieux et malchanceux, les bris de safran, les ascensions dans le mat pour liberer des lambeaux de spi, l´interieur des bateaux remplis par des vagues, etc...

Ceux qui partent au front le couteau entre les dents vont aussi au casse pipe.Je reste bien sagement a l´arriere. J´ai decide d´assurer et de naviguer sous-toile, tout le temps en configuration gerable par le pilote et de ne tirer ni sur le bonhomme ni sur le canote. Je me retrouve dans les 30emes (sur 49).

Je passerai bien au large du cap Finisterre, dans le flux, apres avoir franchi le rail des cargos, mer forte mais gerable. 1er empannage apres 3 jours.

Arrivee a Funchal

Un peu avant Lisbonne, le vent et la mer se calment. On passe d´un regime de forte brise avec grosse mer a petole. Le moral remonte meme si le manque de vent n´est pas forcement plus facile a gerer que la baston. Le vent est tres mou et plein cul. Difficile de bien avancer. Le grand spi ne porte pas. Je finis par mettre la grand-voile et le code 5 en ciseaux. Du coup j´aurai une trace assez courte. Courte mais pas tres rapide. La temperature monte sensiblement un peu plus chaque jour. On voit des daurades, des tortues marines, et toujours autant de dauphins. Les ciels la nuit sont magnifiques. Pour la premiere fois, j´arrive a observer a l´oeil nu la galaxie d´Andromede dans la constellation de Cassiopee (a terre, on ne peut la distinguer qu´aux jumelles, par ciel pur).

Derniere nuit tres speed, on repasse d´un regime de petole a de la brise musclee. Je me reveille soudain en pleine nuit, 15 noeuds de vent, surpris que le bateau ne marche qu´a 6 noeuds sous spi. 2 heures a batailler pour recuperer le grand spi pris dans un cocotier monstrueux. Le vent continura a forcir et se stabilisera vers 20-25 noeuds dans la journee.

L´atterissage sur Porto-Santo puis Madere, au relief tres marque, est vraiment magique. J´ai l´impression de me retrouver dans Peter-Pan en train de voler vers
l´ile des pirates. Il ne manque plus qu´un vieux galion. Ici la realite se superpose a mes reves de gosses. Le passage de la pointe de Madere est l´occasion d´un regroupement de bateaux. Nous sommes une demi douzaine a nous tirer la bourre comme des malades, surfs, rafales a 30 nds, vracs, a quelques encablures de la cotes et ses hautes falaises.

Surtout tenir jusqu´a la fin, rester concentre. La derniere pointe est franchie,
la jetee est en vue. le vent tombe maintenant completement. Ca tamponne. Un proto espagnol est scotche la depuis presqu´une heure, degoute. Je passe la ligne en meme temps que Franck Colin sur le proto 614, qui a du s´arreter a la Corogne.

Bilan provisoire

J´ai assure. Je suis a Madere en forme (pas assez perdu de poids !), sans m´être fait peur, et en ayant rien casse. Simplement quelques patches a coller sur des points de raguage dans les voiles. Mon rêve est intact, et un autre est venu se telescoper avec le premier. Dans les longues discussions enflammees, biere a la main, avec les autres skippers, je mesure l´etendue de ce qu´il me reste a apprendre pour bien maitriser ces merveilleux bateaux. Je vais continuer a naviguer sur ma lancee, a mon rythme, sans me prendre la tete sur le classement,et en appreciant chaque seconde.

Il se peut aussi que je seche la remise des prix a Bahia pour aller direct en
Colombie a l´arrivee.
Marc 733

23/09/2009

Un vieux dicton breton disait: "Le marin est heureux quand il rentre au port"

Et à voir ces clichés, c'est ce qu'on se dit !
Comme à son habitude, Belou nous a fait une très belle série de photos de l'arrivée de nos ministes de VS17 en catégories séries: Henry 539, Mathis 504, Marc 733, Xavier 472, et Fab 483. A voir de toute urgence sur Ricochets17. Sans oublier bien sûr les photos des arrivées des protos déjà présentes sur le site depuis quelques jours maintenant.

Fab en Live sur ses impressions sur sa première étape un peu spéciale..

La petite vidéo du matin sur le site de Fab

22/09/2009

Les premiers mots de Fab


« Quand j’ai cassé mon safran et fait route vers La Rochelle au près dans 25 nœuds de vent sur un safran, je me suis vraiment demandé s’il fallait repartir.. » Le Pogo de Fabien Sellier « Surfrider Foundation » est pourtant amarré dans la Marina de Funchal, depuis mardi 18h30, aux côtés des 81 autres minis, en attendant les deux derniers manquant encore à l’appel.
La raison de ce retournement ? « Entre les Iles d’Oléron et de Ré, j’ai réussi à joindre un ami et un peu plus tard, j’ai vu toute l’équipe venir à ma rencontre sur le catamaran Cap A l'Ouest en me disant qu’ils avaient un safran. Comment vouliez-vous que je ne reparte pas ?»
Et Fabien repart donc avec 45 heures de retard sur ses petits copains. Ceux de devant sont dans le coup de vent du Cap Finisterre. Lui déguste de jolis grains dans le Golfe de Gascogne "Du 30 noeuds établis pendant deux jours". Il a certes un peu de mal à se remettre dans « l’ambiance régate ».
« Je me suis dis, ‘’la mini est finie mais il reste la seconde étape’’. Je n’ai pensé qu’à cela durant tout le reste de la traversée. Je suis resté prudent avec un bateau fragilisé. Je n’ai pas tiré sur lui.»
Pour clore le tout, Fabien perd sa balise. La direction de course le localise grâce à ses contacts avec les cargos : « J’ai beaucoup parlé avec les affaires maritimes » plaisante-t-il.
Désormais, Fabien attend avec impatience le 3 octobre, départ de la seconde étape : « Je partirai sans pression. »
Pierre Rolland venu le féliciter est dans le même cas de figure que Fab, lui a lancé : « Allez Fabien, elle est pour nous cette étape.» Et Fabien de croiser les doigts…
Source GPO corrigé

Fab en approche..


Pas d'autres news pour l'instant à part cette première photo de Yemaya..

Les VS17's Boys & Girl au complet... ou presque!


Beber 1er, Xav 3ème, Fab 5ème, Nico 7ème, puis Henry 6ème, Mathis 7ème, le Grand Mat' 18ème, le Ptit Marc 31ème, Manu 34ème, Sandrine 36ème, bref bref.. ne reste plus qu'en mer, Simon sur son Buffalo (surement arrivé puisqu'à moins de 1mille ce matin, à moins qu'une grosse pétole, mais bon..) et bien sûr Fab, surement ce soir.
Tou le monde est donc là ou en passe d'y être, vraiement un grand coup de chapeau à tous, puisque au vue des conditions, il n'a pas du etre facile d'arriver entier sans trop de matos à bricoler! Maintenant, place à Madère!!

21/09/2009

La Transat en Images


En plus du très complet site de la Transat, vous pouvez jeter un coup d'oeil sur le site de Ricochets17, toujours au top sur les photos de Ministes!

20/09/2009

Xav sur une pelle lui aussi !

« Je ne sais pas ce que j’ai heurté. Mais ça a fait un drôle de boucan. Je suis allé voir. Rien n’avait bougé. » Xavier Macaire sur son Pogo 2, Masoco Bay, remet donc en route. Le vent se lève. La mer devient difficile : « Et lors de la troisième nuit, le safran a pété. »

Fin des espoirs de Macaire : « Je me suis demandé si je n’allais pas abandonner. Si je n’allais pas me dérouter sur Lisbonne, mais le temps de rapatrier un safran, les 3 jours de délais auraient été dépassés. »
Il prend donc l’option de réduire la voilure durant six heures, d’intervertir le bon safran et de reprendre sa route : « Quatre jours avec un seul safran, je suis souvent parti au lof et à l’abattée. Je me suis fait quelques frayeurs. » Dans cette mésaventure, il a perdu 30 bons milles. De deuxième il se retrouve 5e mais avec la rage au ventre et surtout l’envie de terminer cette première étape du mieux possible.
« J’ai pensé advienne que pourra. Mais j’ai vraiment navigué en adaptant mes gestes à cette nouvelle conjoncture. »
Il remonte sur l’Italien Appoloni et le passe tout près de la ligne : «J’empanne et je passe tribord sous spi. » Xavier en rit encore : « Il était fou Ricardo. Il m’a lancé « tu me dois une bière ».
A l’arrivée Macaire termine 57 secondes devant l’Italien : « Lors de la Sélect, je l’avais battu pour deux minutes. »
Tous deux très loin de l’intouchable Lobato dont Xavier reconnait : « Au départ je disais, c’est l’homme à battre. Désormais je dis, il est imbattable. »
Cela dit après 1100 milles sur les 4200 de cette transat, avec toutes les inconnues et les obstacles qui ne manqueront de parsemer la navigation des skippers de Madère à Bahia. La route est longue. Et Macaire n’oubliera pas qu’avec ses deux safrans, il était dans le sillage du Portugais..
Source GPO

Un petit tour sur..


..le site de Mativi, avec notamment les interviews des Ministes à l'arrivée, le départ, l'ambiance de la semaine d'avant course, bref beaucoup de belles images..

Xav sur le podium à Funchal

Derrière le portugais Francisco Lobato (ROff TMN) arrivé depuis 22 heures et 21 minutes, c'est le natif d'Harfleur près du Havre Charlie Dalin (cherche sponsor charliedalin.com) qui s'est adjugé en ce milieu d'après midi la seconde place du podium. Une place remportée de haute lutte dans le vent forcissant de la journée tant les écarts avec ses deux poursuivants immédiats, le français Xavier Macaire (Masoco bay) et l'italien Ricardo Appoloni (Ma vie pour Mapei) étaient infimes. La troisième place du podium s'est ainsi joué à... moins d'1 minute en faveur de Xavier Macaire.

Les Rochelais à Funchal


Fabien, avec son fidèle Soitec, a donc passé la ligne d'arrivée hier soir, à 1h06 du matin à la 5ème place, près à boire une binouse en attendant Nico qui vient de franchir la ligne, en 7ème position. Toutes les infos et les photos sur le site de la Transat ! Et au dire de tous, y compris Béber, brillant vainqueur, la Transat ne commence réellement qu'à partir de Madère..

Les premiers mots de Béber à Funchal

19/09/2009

L'arrivée à Funchal de Bertrand

Yes Béber !!!


Béber est grand, ça on le savait, mais alors là, vraiement chapeau bas Msieur !!
Communiqué à l'instant de GPO:


19.09.09 - 14:50

Delesne vainqueur!
Bertrand Delesne, "Entreprendre durablement" a franchi la ligne d'arrivée de la Charente-Maritime/Bahia Transat 6'50 aujourd'hui samedi 19 septembre à 12 heures 38 minutes 21 secondes Temps Universel, soit 14 heures 38 minutes 21 secondes heures française. Son temps de course est de 6 jours 0 heure 21 minutes et 21 secondes, à la moyenne de 7,62 noeuds.

Photo de l'arrivée de la deuxième étape de la Transgascogne, prémonitoire ...

L'appel du Large


Info du large : Tout va bien pour Fabien Sellier
Comme à son habitude, Fabien Sellier (Surfrider Foundation) a transmis sa position... A 11h TU il était par 38°50 N et 10°52 O.

Il est bien ce ptit, il pense à ceux restés à terre et qui pensent fort à lui.

PS: Appel en VHF bien sûr...