29/09/2009

La première étape de Henry sur Kalonig


Jeudi 24 septembre, toutes la flotte est désormais réunie à Funchal. L’ambiance sur les pontons est plutôt décontractée mais cependant studieuse. Chacun sait que seul un quart de la course a été parcouru et que les bateaux doivent être révisés de fond en comble pour la seconde étape qui sera trois fois plus longue. Pour ma part, je me suis attelé à bien vérifier mon mat et mes safrans qui semblent avoir été les point noirs des Pogo2 lors de cette première étape.

Dix jours plus tôt, nous partions de la Rochelle par un vent d’est de 20-25 nœuds plutôt prometteur car j’affectionne particulièrement les bords de portant dans la brise. Je pars donc très confiant. Sur la ligne de départ le stress est palpable, le plan d’eau est noir de bateaux venus assister au départ de cette course légendaire. La prudence de mes concurrents me permet de réaliser un très bon départ côté comité et de passer la bouée de dégagement dans les premiers malgré un petit raté m’ayant obligé à empanner sous cette bouée pour me recaler. Nous passons Chassiron à 12 Nds sous spi de tête. La nuit tombant et le vent forcissant je repasse sous spi de capelage en confiant mon bateau au pilote. J’ai rapidement le sentiment d’être bien placé ce qui est confirme lundi 13h à la BLU, je suis 5éme avec les félicitations du comité de course !
Les longs bords de portant très rapides s’enchainent jusqu’au Cap Finistère. Les moyennes atteignent 10 Nds par jours et les surfs 18-20 Nœuds. Le speedo n’étant plus de l’eau, seul le GPS indique les vitesses ! Mon classement oscille entre 3 et 5ème et je me réjouis d’avoir trouvé le bon rythme permettant d’aller vite jour et nuit sans forcer ni rien casser. La flotte n’est quant à elle par épargnée car deux bateaux ont déjà abandonné et une quinzaine de bateaux sont ralentis par des pannes de pilotes, des safrans, des bouts dehors cassés ou des spis déchirés. J’apprendrai plus tard que peu de bateaux ont porté le spi 24h sur 24 comme moi.
Dans la nuit de mardi à mercredi, 40 nœuds sont annoncés devant le cap Finistère avec une mer très forte. Je suis donc obligé de lever le pied pour passer la nuit sous deux ris puis trois ris dans la GV suite à plusieurs enfournements dans cette mer énorme qui ne cesse de déferler. Dès que le vent molli mercredi matin, je repasse sous spi de brise. Dans cette mer encore formée, les surfs sont terrifiants. Je suis obligé de laisser la barre au pilote car je n’arrive plus à barrer sereinement lorsque le bateau tombe dans les trous entre chaque vague. La nuit s’enchaine à ce rythme effréné.
Jeudi, au large de Gibraltar, l’anticyclone commence à se faire sentir. Je commence donc à faire un peu plus d’est que la route directe afin de m’écarter de la bulle sans vent et de conserver un peu de pression. J’apprendrai plus tard que mon option dans l’est était plus que modérée par rapport au reste de la flotte. Avec deux prototypes (412 et 348) et mon collègue Mathis sur le 504, nous formons désormais un petit groupe à portée de VHF. Nous restons groupés pendant trois jours dans cette pétole très molle et comparons nos sauts de puce pour faire passer le temps. Le vent oscille entre 0 et 5 nœuds. Fini les longs surfs à 15 nœuds … Je n’affectionne que très peu la pétole mais mon classement de cinquième m’incite évidemment à conserver ma motivation intacte. D’autant plus qu’un passage à niveau a bloqué les flottes à partir du 8ème me mettant à l’abri d’une remontée massive par l’arrière. En bref, avec un peu de concentration, quelques astuces de pilote automatique pour faire avancer le bateau par 1Nds de vents et surtout très peu de sommeil, je n’ai pas perdu une longueur sur les deux prototypes que je colle depuis 3 jours. Je commence même à les agacer …
Samedi soir, le manque de sommeil se fait sentir et je m’endors 5 heures d’affilées. Au réveil, je découvre que le vent s’est levé et que mon bateau à dérivé toute la nuit (dans la bonne direction, ce qui n’est pas trop mal !). Le soleil et le retour du vent me remonte le moral pour ce dernier jour de course. L’approche de Madère semble interminable tant l’Archipel et les iles sont énormes. Je finis finalement 6ème ,40 minutes derrière mon concurrent Italien 626 qui a effectué une très belle route à l’est pour contourner l’anticyclone et une heure devant mon collègue Mathis. Comble de malédiction, ce soir les bières sont offertes au cinq premiers uniquement !

A peine la ligne d’arrivée franchis, je pense déjà à la deuxième étape. Fier de mon résultat, heureux d’avoir trouvé le bon rythme pour avancer sans casser, il me reste cependant à mieux gérer mon sommeil. Le bateau n’a présenté aucune faiblesse. Le pilote fonctionne parfaitement et a été le point fort de ma course. La longue préparation du bateau a donc payé et je suis fier du temps passé sur mon fidèle Kalonig lors du long chantier d’hiver.

Les rochelais dans Sud Ouest


L'escale des skippers rochelais (ou apparentés) à Funchal (Portugal) touchera à sa fin samedi. Les solitaires reprendront la mer pour la seconde et plus longue étape de cette Transat 6.50, de 3 300 milles. Mais les dix marins à avoir préparé leur transat à La Rochelle se sont reposés et ont vérifié leurs bateaux. Ils sont prêts. La sérénité est totale.

1 Prototypes : trois outsiders Trois Rochelais se classent parmi les sept premiers prototypes. Parmi eux, l'architecte et constructeur Paul-Henry Shipman (« Maison de l'avenir Urbatys ») a démontré qu'il fallait compter avec lui pour la plus haute marche du podium. Arrivé deux heures après le vainqueur, il peut y croire.

Pour Fabien Despres (« SOITEC »), auteur d'une première étape légèrement moins rapide que ce qu'il espérait, la course à la victoire reste envisageable. D'autant que le skipper possède une expérience sur cette épreuve que beaucoup lui envient. Et les étapes les plus longues sont de loin ses préférées. Ainsi est-il tout à fait capable de s'imposer sur la distance.

Nicolas Boidevezi (« GDE »), fraîchement arrivé sur le circuit mini, a quant à lui étonné son monde cette année, par sa régulière progression. Une bonne vitesse, une bonne gestion, et du matériel, et du marin, sont à mettre à son crédit. Il devrait passer à l'attaque sur l'étape Funchal - Bahia, trois fois plus longue que la précédente.

Dans le clan des Rochelais en lice sur prototype, Franck Colin (« Loukkoummama ») fait pour sa part figure de malchanceux. Victime d'une avarie de bout-dehors et contraint à une escale à La Corogne, il se trouve un peu loin au classement pour prétendre à une place d'honneur. Reste qu'il peut toujours réaliser une deuxième étape à fond, juste pour le plaisir de faire une belle trace sur l'océan Atlantique avec son superbe « proto », construit de ses propres mains (et de sa poche).

2 Séries : pas de quoi rougir Du côté des bateaux de série, si l'étape La Rochelle-Funchal a été dominée de la tête et des épaules par le Portugais Francisco Lobato, les Rochelais s'en sortent plus qu'honorablement. Xavier Macaire, longtemps dans le sillage immédiat de Lobato, termine troisième, à 22 heures du leader. Pour autant, aucun espoir n'est perdu pour lui.

Dans l'équipe des ingénieurs, Henry Meyniel, sixième, et Mathis Prochasson, septième, ont réalisé une superbe étape pour de purs amateurs. Un petit peu plus loin au classement, Mattieu Galland (18e) et Emmanuel Laurent ont su mener leurs bateaux plus anciens de fort belle manière.

De son côté, Fabien Sellier, qui faisait figure de favori sur la ligne de départ, a subi une avarie majeure de safran qui l'a contraint à revenir sur La Rochelle, avant de repartir plus de deux jours après ses camarades. Arrivé à Madère, il n'avait plus qu'une idée en tête : « claquer » la deuxième étape.

Si les Rochelais se retrouvent plutôt dans le haut du classement, ils le doivent en grande partie à la synergie qui a animé leur groupe cette année. Collaboration technique durant les mois d'hiver passés au chantier Quai 17, entraînements en commun, échanges de bons tuyaux, préparation et analyses des régates... Et, au final, le bonheur d'être en mer.

25/09/2009

La vie paisible au port de Funchal

A voir, la galerie photo mis en ligne par Manu, du Super Calin 389 "Domaine des Thommeaux": bricolage, matellotage, visite de l'ile et tout simplement où l'on profite de ses moments privilégiés d'escale.
A voir donc la rubrique "les Saisons Mini en photo" dans le menu à gauche de la page

Les belles histoires de Marc et Shebang

Preparation du depart a La Rochelle

Pas trop de gros travaux. Carenage, reparation du gelcoat cote tribord,antifouling et peinture fluo sur les appendices. Pose des cale-pieds. Confection d´un spi de brise par All Purpose (le precedent datait de 2003), un 2eme etage de toiles a matosser a l´interieur. Approvisionnement complet pour la pile a combustible, avitaillement en nourriture, plats liophylises, eau, vivres fraiches, tout est ok maintenant.

Adoption

La veille de l´entree dans le bassin des chalutiers, Flo et moi nous apprenons qu´on nous propose un enfant a adopter (nous attendions depuis 3 ans). Il s´appelle Pierre, 5 ans, depuis 2 ans en orphelinat a Bogotta en Colombie. Gros boulversement. 2 nuits a gamberger pour savoir si je dois encore prendre le depart ou renoncer. Sur le calendrier, nous irions en Colombie avec Flo et Adelie ma fille a la toussaint, ce qui correspond a l´arrivee prevue a Bahia. Finalement je decide d´aller au bout. Tout le monde me soutient, y compris l´agence de l´adoption. Je peux partir serein. Arriver au bout devient d´autant plus important: Je traverse l´atlantique pour aller chercher mon fils...
Depart de La Rochelle

Nous partons finalement a 85. Fabien Meyer, le dernier qualifie encore sur liste d´attente est integre au reste de la flotte. Le depart a lieu par grand soleil, mais pas mal de vent. 1 puis 2 ris et solent arrise pour une bonne securite au depart. Il y a de la casse entre plusieurs concurrents, mais globalement l´ensemble de la flotte se dirige vers le pertuis d´Antioche au portant sous spi a bonne vitesse.

Guerre des tranchees dans le golfe de Gascogne

La premiere nuit et 2eme journee seront assez physiques avec une mer cassante, des accelerations, des vracs, de la difficulte a rentrer dans le rythme de la course et l´obsession de ne pas peter de materiel prematurement. Pas mal de concurrents allument, prennent des risques et a la VHF, c´est la litanie de tous les problemes rencontres par les plus audacieux et malchanceux, les bris de safran, les ascensions dans le mat pour liberer des lambeaux de spi, l´interieur des bateaux remplis par des vagues, etc...

Ceux qui partent au front le couteau entre les dents vont aussi au casse pipe.Je reste bien sagement a l´arriere. J´ai decide d´assurer et de naviguer sous-toile, tout le temps en configuration gerable par le pilote et de ne tirer ni sur le bonhomme ni sur le canote. Je me retrouve dans les 30emes (sur 49).

Je passerai bien au large du cap Finisterre, dans le flux, apres avoir franchi le rail des cargos, mer forte mais gerable. 1er empannage apres 3 jours.

Arrivee a Funchal

Un peu avant Lisbonne, le vent et la mer se calment. On passe d´un regime de forte brise avec grosse mer a petole. Le moral remonte meme si le manque de vent n´est pas forcement plus facile a gerer que la baston. Le vent est tres mou et plein cul. Difficile de bien avancer. Le grand spi ne porte pas. Je finis par mettre la grand-voile et le code 5 en ciseaux. Du coup j´aurai une trace assez courte. Courte mais pas tres rapide. La temperature monte sensiblement un peu plus chaque jour. On voit des daurades, des tortues marines, et toujours autant de dauphins. Les ciels la nuit sont magnifiques. Pour la premiere fois, j´arrive a observer a l´oeil nu la galaxie d´Andromede dans la constellation de Cassiopee (a terre, on ne peut la distinguer qu´aux jumelles, par ciel pur).

Derniere nuit tres speed, on repasse d´un regime de petole a de la brise musclee. Je me reveille soudain en pleine nuit, 15 noeuds de vent, surpris que le bateau ne marche qu´a 6 noeuds sous spi. 2 heures a batailler pour recuperer le grand spi pris dans un cocotier monstrueux. Le vent continura a forcir et se stabilisera vers 20-25 noeuds dans la journee.

L´atterissage sur Porto-Santo puis Madere, au relief tres marque, est vraiment magique. J´ai l´impression de me retrouver dans Peter-Pan en train de voler vers
l´ile des pirates. Il ne manque plus qu´un vieux galion. Ici la realite se superpose a mes reves de gosses. Le passage de la pointe de Madere est l´occasion d´un regroupement de bateaux. Nous sommes une demi douzaine a nous tirer la bourre comme des malades, surfs, rafales a 30 nds, vracs, a quelques encablures de la cotes et ses hautes falaises.

Surtout tenir jusqu´a la fin, rester concentre. La derniere pointe est franchie,
la jetee est en vue. le vent tombe maintenant completement. Ca tamponne. Un proto espagnol est scotche la depuis presqu´une heure, degoute. Je passe la ligne en meme temps que Franck Colin sur le proto 614, qui a du s´arreter a la Corogne.

Bilan provisoire

J´ai assure. Je suis a Madere en forme (pas assez perdu de poids !), sans m´être fait peur, et en ayant rien casse. Simplement quelques patches a coller sur des points de raguage dans les voiles. Mon rêve est intact, et un autre est venu se telescoper avec le premier. Dans les longues discussions enflammees, biere a la main, avec les autres skippers, je mesure l´etendue de ce qu´il me reste a apprendre pour bien maitriser ces merveilleux bateaux. Je vais continuer a naviguer sur ma lancee, a mon rythme, sans me prendre la tete sur le classement,et en appreciant chaque seconde.

Il se peut aussi que je seche la remise des prix a Bahia pour aller direct en
Colombie a l´arrivee.
Marc 733

23/09/2009

Un vieux dicton breton disait: "Le marin est heureux quand il rentre au port"

Et à voir ces clichés, c'est ce qu'on se dit !
Comme à son habitude, Belou nous a fait une très belle série de photos de l'arrivée de nos ministes de VS17 en catégories séries: Henry 539, Mathis 504, Marc 733, Xavier 472, et Fab 483. A voir de toute urgence sur Ricochets17. Sans oublier bien sûr les photos des arrivées des protos déjà présentes sur le site depuis quelques jours maintenant.

Fab en Live sur ses impressions sur sa première étape un peu spéciale..

La petite vidéo du matin sur le site de Fab

22/09/2009

Les premiers mots de Fab


« Quand j’ai cassé mon safran et fait route vers La Rochelle au près dans 25 nœuds de vent sur un safran, je me suis vraiment demandé s’il fallait repartir.. » Le Pogo de Fabien Sellier « Surfrider Foundation » est pourtant amarré dans la Marina de Funchal, depuis mardi 18h30, aux côtés des 81 autres minis, en attendant les deux derniers manquant encore à l’appel.
La raison de ce retournement ? « Entre les Iles d’Oléron et de Ré, j’ai réussi à joindre un ami et un peu plus tard, j’ai vu toute l’équipe venir à ma rencontre sur le catamaran Cap A l'Ouest en me disant qu’ils avaient un safran. Comment vouliez-vous que je ne reparte pas ?»
Et Fabien repart donc avec 45 heures de retard sur ses petits copains. Ceux de devant sont dans le coup de vent du Cap Finisterre. Lui déguste de jolis grains dans le Golfe de Gascogne "Du 30 noeuds établis pendant deux jours". Il a certes un peu de mal à se remettre dans « l’ambiance régate ».
« Je me suis dis, ‘’la mini est finie mais il reste la seconde étape’’. Je n’ai pensé qu’à cela durant tout le reste de la traversée. Je suis resté prudent avec un bateau fragilisé. Je n’ai pas tiré sur lui.»
Pour clore le tout, Fabien perd sa balise. La direction de course le localise grâce à ses contacts avec les cargos : « J’ai beaucoup parlé avec les affaires maritimes » plaisante-t-il.
Désormais, Fabien attend avec impatience le 3 octobre, départ de la seconde étape : « Je partirai sans pression. »
Pierre Rolland venu le féliciter est dans le même cas de figure que Fab, lui a lancé : « Allez Fabien, elle est pour nous cette étape.» Et Fabien de croiser les doigts…
Source GPO corrigé

Fab en approche..


Pas d'autres news pour l'instant à part cette première photo de Yemaya..

Les VS17's Boys & Girl au complet... ou presque!


Beber 1er, Xav 3ème, Fab 5ème, Nico 7ème, puis Henry 6ème, Mathis 7ème, le Grand Mat' 18ème, le Ptit Marc 31ème, Manu 34ème, Sandrine 36ème, bref bref.. ne reste plus qu'en mer, Simon sur son Buffalo (surement arrivé puisqu'à moins de 1mille ce matin, à moins qu'une grosse pétole, mais bon..) et bien sûr Fab, surement ce soir.
Tou le monde est donc là ou en passe d'y être, vraiement un grand coup de chapeau à tous, puisque au vue des conditions, il n'a pas du etre facile d'arriver entier sans trop de matos à bricoler! Maintenant, place à Madère!!

21/09/2009

La Transat en Images


En plus du très complet site de la Transat, vous pouvez jeter un coup d'oeil sur le site de Ricochets17, toujours au top sur les photos de Ministes!

20/09/2009

Xav sur une pelle lui aussi !

« Je ne sais pas ce que j’ai heurté. Mais ça a fait un drôle de boucan. Je suis allé voir. Rien n’avait bougé. » Xavier Macaire sur son Pogo 2, Masoco Bay, remet donc en route. Le vent se lève. La mer devient difficile : « Et lors de la troisième nuit, le safran a pété. »

Fin des espoirs de Macaire : « Je me suis demandé si je n’allais pas abandonner. Si je n’allais pas me dérouter sur Lisbonne, mais le temps de rapatrier un safran, les 3 jours de délais auraient été dépassés. »
Il prend donc l’option de réduire la voilure durant six heures, d’intervertir le bon safran et de reprendre sa route : « Quatre jours avec un seul safran, je suis souvent parti au lof et à l’abattée. Je me suis fait quelques frayeurs. » Dans cette mésaventure, il a perdu 30 bons milles. De deuxième il se retrouve 5e mais avec la rage au ventre et surtout l’envie de terminer cette première étape du mieux possible.
« J’ai pensé advienne que pourra. Mais j’ai vraiment navigué en adaptant mes gestes à cette nouvelle conjoncture. »
Il remonte sur l’Italien Appoloni et le passe tout près de la ligne : «J’empanne et je passe tribord sous spi. » Xavier en rit encore : « Il était fou Ricardo. Il m’a lancé « tu me dois une bière ».
A l’arrivée Macaire termine 57 secondes devant l’Italien : « Lors de la Sélect, je l’avais battu pour deux minutes. »
Tous deux très loin de l’intouchable Lobato dont Xavier reconnait : « Au départ je disais, c’est l’homme à battre. Désormais je dis, il est imbattable. »
Cela dit après 1100 milles sur les 4200 de cette transat, avec toutes les inconnues et les obstacles qui ne manqueront de parsemer la navigation des skippers de Madère à Bahia. La route est longue. Et Macaire n’oubliera pas qu’avec ses deux safrans, il était dans le sillage du Portugais..
Source GPO

Un petit tour sur..


..le site de Mativi, avec notamment les interviews des Ministes à l'arrivée, le départ, l'ambiance de la semaine d'avant course, bref beaucoup de belles images..

Xav sur le podium à Funchal

Derrière le portugais Francisco Lobato (ROff TMN) arrivé depuis 22 heures et 21 minutes, c'est le natif d'Harfleur près du Havre Charlie Dalin (cherche sponsor charliedalin.com) qui s'est adjugé en ce milieu d'après midi la seconde place du podium. Une place remportée de haute lutte dans le vent forcissant de la journée tant les écarts avec ses deux poursuivants immédiats, le français Xavier Macaire (Masoco bay) et l'italien Ricardo Appoloni (Ma vie pour Mapei) étaient infimes. La troisième place du podium s'est ainsi joué à... moins d'1 minute en faveur de Xavier Macaire.

Les Rochelais à Funchal


Fabien, avec son fidèle Soitec, a donc passé la ligne d'arrivée hier soir, à 1h06 du matin à la 5ème place, près à boire une binouse en attendant Nico qui vient de franchir la ligne, en 7ème position. Toutes les infos et les photos sur le site de la Transat ! Et au dire de tous, y compris Béber, brillant vainqueur, la Transat ne commence réellement qu'à partir de Madère..

Les premiers mots de Béber à Funchal

19/09/2009

L'arrivée à Funchal de Bertrand

Yes Béber !!!


Béber est grand, ça on le savait, mais alors là, vraiement chapeau bas Msieur !!
Communiqué à l'instant de GPO:


19.09.09 - 14:50

Delesne vainqueur!
Bertrand Delesne, "Entreprendre durablement" a franchi la ligne d'arrivée de la Charente-Maritime/Bahia Transat 6'50 aujourd'hui samedi 19 septembre à 12 heures 38 minutes 21 secondes Temps Universel, soit 14 heures 38 minutes 21 secondes heures française. Son temps de course est de 6 jours 0 heure 21 minutes et 21 secondes, à la moyenne de 7,62 noeuds.

Photo de l'arrivée de la deuxième étape de la Transgascogne, prémonitoire ...

L'appel du Large


Info du large : Tout va bien pour Fabien Sellier
Comme à son habitude, Fabien Sellier (Surfrider Foundation) a transmis sa position... A 11h TU il était par 38°50 N et 10°52 O.

Il est bien ce ptit, il pense à ceux restés à terre et qui pensent fort à lui.

PS: Appel en VHF bien sûr...

Qui ?


Oui qui va donc s'adjuger cette première étape de glisse pure? Beber? Thomas? HP? ou encore Fransisco en série et mettant tout le monde d'accord, bref comme à son habitude, les hauteurs et dévents de Madère doivent être terrible pour les nerfs. Tous la mérite cette première étape, aucun n'a fait d'erreur, si l'on oubli bien sur le orange de la bouée de dégagement rangé bien loin dans les esprits. Tous les 4 ont rythmé cette semaine de chronos de folie, de vitesses instantanées reservées d'habitude aux biens plus gros bateaux, mais les Minis au portant, pas beaucoup de voiliers peuvent les suivre, on se souvient pour l'anecdote, en 2005, la Mini était accompagné de 2 Pogo 40 qui avaient beaucoup de mal à suivre le rythme de Corention Douguet and Co, les Class40 étaient pourtant 3 fois plus grand...
On croise les doigts pour Béber, il la mérite le Grand..

18/09/2009

A 100 miles de Funchal

A la faveur d'un angle plus serré dans le petit temps, Béber sur son proto Manuard "Entreprendre Durablement" vient de prendre la tête au pointage de ce matin pour 5.76 milles d'avance sur Thoms sur Faber, connaissant le lascar, c'est loin d'ètre fini cette histoire! HP, qui a mené une grande partie de cette première étape,se voit relégué à la 3ème place à moins de 10 milles, il doit descendre sous spi dans ces petits 5knts de vent..

En série Francisco a repri une route normale après son ralentissment d'hier, on en saura plus dans quelques heures sur les raisons, il possède presque 60 milles d'avance sur Charly, on pourrait dire que sa place est gagnée d'avance, mais Funchal se situe sous le vent de l'ile donc gros dévent en perspective, le Pico Ruivo culmine à 1862m!

Les arrivées risquent d'être terribles pour les nerfs!

Pour la petite info, Fab a contacté le MRCC espagnol du cap Finistère pour nous donner sa position, il aurait apparement perdu sa balise:

"Fabien Sellier en bon marin...
Fabien Sellier sur son Surfrider Foundation a perdu sa balise fixée sur son balcon arrière. En bon marin, Fabien essaye de nous donner sa position via relais. Si hier c'est un cargo qui nous l'a donnée, aujourd'hui ce sont via les MRCC Finisterre que sa position nous a été transmise... Aussi, Fabien est ce jour à 12h30 TU par 43°50' N et 8°37' O.

17/09/2009

Les mots du Doc'


Il est vrai que Philippe Bouillard cumule les « avantages » pour tous les skippers. Il est le médecin de la course et « ministe » lui-même. Qui plus est, il a couru et terminé la Transat en 2005. Moralité, les angoisses, les bobos petits et grands, les moments d’euphorie suivis de blues, les hallucinations, il a connu. Il a vécu. Il peut plus facilement prévenir, expliquer, rassurer.« La première étape, il ne se passe pas grand-chose, dit-il. C’est un long sprint, on n’a guère le temps de s’abimer. Même pour l’alimentation, il n’y a pas trop de soucis. » Arrive, la seconde. Les 3100 milles de Madère à Bahia. L’Equateur. Le soleil. La chaleur. Le Pot au Noir. « Et surtout l’aspect psychologique. On se retrouve seul face à l’Océan. Certes, avec les 1000 milles de qualification, les marins connaissent la solitude. Mais là, il faut y rester trois semaines.»

Sur cette très longue étape, il convient de rythmer ses journées : dormir, boire, manger, régler la marche du bateau : « Un être humain n’est pas fait pour ne pas dormir durant 20 jours, explique Philippe Bouillard. Chaque homme à son cycle. Ca va de 45’ à 1h30. Parfois un repos de 20 mn permet de recharger la batterie. »

Foutu soleil
Personne n’est à l’abri, non plus, de brûlures d’estomac, de diarrhée, d’infections, de contractures, de douleurs articulaires quand on reste ainsi des semaines à « baigner dans son jus » sans pouvoir se mettre debout. Mais il y a surtout ce foutu soleil qui tape sans faiblir durant la journée : « Les skippers doivent veiller à ne pas se déshydrater. Ils convient aussi de se couvrir de la tête au pied pour éviter les brûlures. Les insolations. Et se mettre de la crème à en veux-tu en voilà. On ne se protège jamais trop sous certaines latitudes. Il est aussi indispensable de se masser les muscles avec de la crème.»
Le cocktail « manque de sommeil – fatigue – soleil de plomb » débouche très souvent sur des hallucinations. Philippe Bouillard se souvient : « Un jour j’ai vu ma femme allongée à la prou du bateau. Une autre fois, en entrant dans le cockpit, je me suis retrouvé nez à nez avec mes enfants. J’ai aussi aperçu mon frère qui tenait la barre. Mais ces phénomènes n’arrivent comme cela. Par hasard. C’est un signal d’alarme qu’il faut prendre au sérieux. »

Que faire dans ces moments là, pour éviter le drame ? Là, pour le toubib, pas de secret : « Il faut manger, boire et dormir. » Comme on peut, pas comme on veut. Car si comme le dit Philippe Bouillard et ses 189 cm : « Sur un mini on vit à quatre pattes mais tout est à portée de mains » encore faut-il vivre (survivre ?) dans une ambiance humide, salée qui attaque la couenne. Qui peut provoquer des escarres, des plaies, des infections.

« Il faut se laver même si ce n’est pas très facile. On se savonne après s’être mouillé avec de l’eau de mer et on se rince avec une demie bouteille d’eau minérale. » Le pied arrive quand le skipper traverse un orage : « On peut récupérer de l’eau douce. » Sous ces latitudes le solitaire doit aussi essayer de faire sécher ses vêtements : « Car vivre trois semaines dans l’humidité, ça devient insupportable et dangereux pour la peau. »

« On rembobine sa vie »
Le toubib ne cache pas qu’il a traversé des périodes de stress profond. Qu’il s’est demandé ce qu’il faisait là. « Quand mes pilotes ont rendu l’âme à 1000 milles de Bahia, se rappelle-t-il. J’ai failli lâcher. J’avais amené un pot de Nutella pour un ami au Brésil. Je le gardais précieusement. Mais, à ce moment là, je n’ai pas résisté. Et, je me suis repris. »
Certains craquent. Pleurent. Insultent la terre entière : « Ils sont seuls. Personne ne les voient, ne les entends. » Philippe Bouillard a perdu 10 kilos dans l’aventure et avoue : « Psychologiquement j’ai changé. Ma femme me l’a dit. Quand vous êtes seul avec vous-même, vous rembobinez votre vie. » Il lui a fallu deux à trois mois pour atterrir : « J’ai repris mon travail à l’Hôpital de La Rochelle, quelques jours après mon arrivée. Mais les copains ont été sympas. Ils m’ont dit « revient tranquillement. Tu es encore sur ton petit bateau. »

Quatre ans ont passé. Le temps n’a pas effacé les souffrances, mais il a mis en exergue les bons moments. Les levers et les couchers de soleil. Les sarabandes des dauphins. L’arrivée à Bahia. Philippe ne cache pas qu’il aimerait repartir. Retraverser l’Océan dont il dit : « L’élément liquide est à la fois inquiétant et rassurant. » Et hypnotisant …

NB: Philippe a couru la Mini 2005 sur le Pogo 1 "Mondial Assistance", en série donc, la même année que Seb Mesure, Eric Bourrié, Fred Roux, etc etc, grosse année pour Voiles Solitaires 17, avec en prime la victoire pour Corention Douguet, membre de l'asso.

Source GPO

Le relevé qui fait frissonner le carbone...


14.54 knts entre 2 flots de positions, soit 2h, 14.54knts de moyenne donc sur 2h, en permanence à 17-18knts donc... Enorme Béber !!

Les news du matin

Si le flux de Nord est encore autour de 15-20knts, il va s'éssoufler d'ici les prochaines heures pour laisser passer du petit temps, 5knts de NW pendant la journée de vendredi, à préciser cependant.
Depuis le départ, les organismes et le matos est soumi à rude épreuve, pas le temps de souffler, cette journée va permettre à chacun de bricoler un peu ou beaucoup, se reposer, manger vraiement, vraiement se refaire une santé. Car si quelques bateaux sont en escale en Espagne ou au Portugal, les autres n'en sont pas moins fatigués, et il est sur que chacun à son lot de soucis techniques.

16/09/2009

Mercredi, tu f'ra souffrir les poulies

... Et tout Le reste!
Les news de la journee: Tranber514 Et Xav472 mettent leur balise en position "j'ai un probleme mais je gere la crise", abandon de Jorg753, Beber754 a 14,54knts ( vous avez bien lu...) entre 2 flots de positions, Fab a des soucis avec sa balise, fait du NE puis Est arrete puis contacte un cargo comme quoi tout roule, "Tout ok pour Fabien Sellier
Tout va bien pour Fabien Sellier sur son Surfrider Foundation. Il a transmis sa position via un cargo et à 16h10 TU il était par 44°54' Nord et 5°58'O. Il naviguait à 8 noeuds et tout était OK à bord.", en bon Marin, il rassure les terriens, Fab617 et Steph679 en embuscade, Mathis Et Henri assurent, du bon, du stress, et toujours Francisco qui envoie du bois...